La Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO fête ses 50 ans ce mercredi 16 novembre 2022. Les Causses et Cévennes sont officiellement Inscrits sur cette liste prestigieuses de l’UNESCO depuis le 28 juin 2011.

L’histoire de l’humanité est indissociablement liée à la nature. Elle est le fondement de notre vie, et source d’inspiration et de connaissance depuis les premières civilisations. Depuis des millénaires nous transmettons notre savoir d’une génération à l’autre. C’est tel un livre inépuisable, La nature nous mène continuellement à une nouvelle compréhension de la vie et de l’humanité. Comme la nature, les cultures sont en constante évolution. Elles naissent,rayonnent et disparaissent. Mais sur tous les continents on retrouve des témoignages exceptionnels de la création humaine et des processus de transformation de la planète. Ils font partis du patrimoine culturel et naturel de l’humanité.

Malheureusement les hommes ne cessent de s’anéantir, de détruire leurs œuvres et de dégrader leurs ressources. Après l’horreur de la seconde guerre mondiale, plusieurs états se sont réunis avec la conviction qu’une paix durable ne saurait se fonder exclusivement sur les acteurs politiques économiques, mais devrait reposer sur la solidarité spirituelle et morale entre tous les êtres humains. En novembre 1945, 37 états ont donc signé un accord donnant naissance à l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation la science et la culture).

L’entreprise commune de sauvetage du Temple d’Abou Simbel en Égypte menacé par la construction du barrage d’Assouan a été une étape importante dans la convention du patrimoine mondial. Adoptée le 16 novembre 1972 à l’UNESCO, cette convention internationale établit que les biens culturels et naturels de valeur exceptionnelle constitue le patrimoine commun de l’humanité et qu’ils doivent être préservés pour les générations futures. l’idée centrale et révolutionnaire de cette convention est de placer ce patrimoine sous la protection de l’ensemble de l’humanité, par-delà les différences politiques, économiques ou religieuses.

La Convention du Patrimoine mondial a pour objectif la protection du patrimoine culturel et naturel « ayant une valeur universelle exceptionnelle ».

Cette convention a été ratifiée par 165 pays sur 193 membres que compte l’UNESCO.

– Elle définis le genre de sites naturels, culturels ou mixtes dont on peut considérer l’inscription sur la liste du Patrimoine Mondial.

– Elle fixe les devoirs des États parties dans l’identification des sites ainsi que leur rôle dans la protection et la préservation des sites.

– Elle incite à rendre compte au Comité du Patrimoine Mondial de l’état de conservation de leurs biens inscrits par des rapports périodiques, actuellement en cours sur les Causses et Cévennes.

– Elle encourage les États parties à sensibiliser le public aux valeurs des Biens du Patrimoine Mondial.

En France, 49 sites sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’UNESCO et sont adhérents de l’Association des Biens français du Patrimoine mondial dont l’objectif et de gérer, animer, protéger mais aussi faire connaître et changer le regard sur ces lieux d’exception.

Jean-François CARON, Président de l’A.B.F.P.M. déclare : « 50 ans de préservation, de conservation mais aussi d’ouverture, de réflexion et d’innovation sur ce qui fait la Valeur Universelle Exceptionnelle d’un bien. Si cela peut sembler beaucoup, c’est en réalité bien peu à l’échelle du patrimoine mondial, et nous rappelle l’humilité dont nous devons faire preuve face à ces biens inscrits. Les gestionnaires de biens français savent bien à la fois l’honneur et l’engagement qu’une inscription sur la Liste du patrimoine mondial induit. À travers l’A.B.F.P.M, qui réunit l’ensemble des biens français, nous mettons en musique cette réflexion sur le passé, le présent et le futur des biens dans un contexte de changement climatique et d’instabilité politique.

Le patrimoine mondial est probablement l’un des programmes les plus connus de l’UNESCO et sa prestigieuse Liste une vitrine incontestable pour cette institution spécialisée de l’ONU. La Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel adoptée par la Conférence générale de l’UNESCO en 1972 est d’ailleurs un traité international que l’on peut considérer comme étant quasi-universel, puisque que le nombre d’Etats l’ayant ratifiée était de 193 en 2020 (sur les 197 Etats reconnus par l’ONU) ».

La Convention de 1972 a cette spécificité d’être la première à concilier dans un même document la préservation des sites culturels et naturels et à considérer que les deux ont la même importance. Elle affirme que les œuvres des hommes et celles de la nature ne forment qu’un seul et même patrimoine et elle identifie et protège les biens d’une valeur telle que leur sauvegarde concerne l’humanité toute entière.

Les biens qui sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial sont en effet reconnus pour leur valeur universelle exceptionnelle, une « importance culturelle et/ou naturelle tellement exceptionnelle qu’elle transcende les frontières nationales et qu’elle présente le même caractère inestimable pour les générations actuelles et futures de l’ensemble de l’humanité » (Orientation devant guider la mise en œuvre de la Convention).

Certains parlent souvent de label, mais l’inscription n’est pas une certification ; il s’agit d’une reconnaissance culturelle internationale qui intervient après un long processus qui exige beaucoup de motivation, de travail, d’implication, de ressources humaines, financières et d’endurance de la part des porteurs de projet et de l’État partie. Une inscription s’apparente à un contrat moral entre les gestionnaires et la communauté internationale, par lequel les premiers s’engagent à protéger et gérer un bien identifié, en accord avec les valeurs de l’UNESCO et de la Convention du patrimoine mondial, pendant que la seconde s’engage à fournir soutien et assistance.

A ce jour, la Liste qui se veut un inventaire représentatif de la diversité du patrimoine culturel et naturel dans le monde, compte 1 154 biens culturels, 218 biens naturels, 39 biens mixtes et 52 biens en péril. La France compte 49 biens : 17 monuments et ensembles, 11 villes et centres historiques, 8 paysages culturels et biens étendus, dont les Causses et Cévennes et 7 biens en série (dont 1 naturel), 5 biens naturels et 1 bien mixte.

Aujourd’hui, le patrimoine mondial compte 52 sites en « péril ». Presque la moitié est située sur le continent africain. Ils nécessitent le déploiement de mesures de sauvegarde urgente.

Face aux multiples pressions anthropiques – développement urbain, exploitation des ressources, pollution, sur-tourisme – et à la recrudescence des conflits, ce sont aussi tous les sites du Patrimoine mondial qui ont besoin d’être mieux protégés.

Le dérèglement climatique est quant à lui devenu la première menace pour les sites naturels du patrimoine mondial – il a déjà un impact négatif sur 34% d’entre eux, et sur 70% des sites marins. D’ici 2100, la moitié des glaciers tout comme l’ensemble des récifs coralliens du patrimoine mondial risquent de disparaître.

Plus d’information sur le Bien UNESCO des Causses et Cévennes : http://www.causses-et-cevennes.fr/ressources/documents-techniques/dossier-de-candidature-a-linscription-au-patrimoine-mondial/